Nicolas Bonnet (Team Vulco-VC Vaulx-en-Velin) a remporté ce jeudi le Championnat de France du contre-la-montre dans la catégorie espoirs. Le spécialiste de l’effort solitaire, qui a toujours mêlé études et vélo, a eu raison de ne pas arrêter le cyclisme ce printemps après une grosse période de doute. Un homme au polo rouge est au pied du podium, téléphone à l'oreille, l'œil -plein de larmes de joies- rivé vers le nouveau champion de France espoirs du contre-la-montre, son fils Nicolas. Patrick Bonnet, ancien coureur professionnel, savoure. "Je suis plus content que quand je gagnais" glisse-t-il à www.cyclismag.com. Cette victoire, Nicolas Bonnet la doit en partie à son père. En collaboration avec le directeur sportif du Team Vulco-VC Vaulx-en-Velin Régis Auclair, l'ancien maillot rose du Tour d'Italie établie les plans d'entraînement de son fils. "Je mets tous les moyens pour qu'il soit dans les meilleures conditions possible. Il était venu pour gagner rapporte Patrick Bonnet. Toute la famille venue du Languedoc-Roussillon, avait pris ses quartiers cette semaine du côté de Brécey (Normandie). Le fiston a ainsi pu reconnaître le parcours les trois jours qui ont précédé le rendez-vous national. « J’AI BEAUCOUP DOUTÉ CE PRINTEMPS »
Le coureur âgé de 22 ans a toujours mêlé études et vélo. "Il me faut un échappatoire au vélo. Je ne me suis jamais dit que j'allais faire que du vélo surtout dans notre société actuelle. J'espère que les coureurs qui passent pros sans bagage derrière réussiront l'après-vélo" déclare-t-il. Étudiant en DUT Génie Biologique option diététique, il avait prévenu l'hiver dernier l'entraîneur national Bernard Bourreau pendant le stage de l'équipe de France qu'il allait mettre le vélo au second plan quelques mois. L’objectif : réussir ses derniers mois sur les bancs de l'université. En avril, il reprend plus sérieusement le vélo mais il a du mal à retrouver ses sensations. "Je ne pensais pas que j'allais galérer comme ça. Les autres coureurs étaient prêts, et moi j'ai beaucoup douté, je me suis posé des questions. La tête avait du mal à suivre. J'ai même pensé arrêter le vélo" indique celui qui a eu un déclic le 1er mai en s'imposant sur une épreuve toutes catégories, le Grand Prix de Seynod (Haute-Savoie), devant l'ancien professionnel Pierre Drancourt (ESEG Douai). PAS CERTAIN D’ÊTRE EN AUSTRALIE
Nicolas Bonnet n'a pas raccroché le vélo. Il a notamment pensé au championnat de France du contre-la-montre. Une épreuve où il a terminé 2e l'an dernier derrière Romain Lemarchand, aujourd'hui professionnel chez BigMat-Auber 93. La motivation est revenue pour de bon, en juin dernier, avec sa 20e place lors du contre-la-montre du Championnat de France élites. "J'étais dans le même temps que Jérôme Coppel, alors je me sus dit qu'avec une meilleure préparation…" glisse le coureur considéré ce jeudi comme un outsider de l'épreuve espoirs. "J'ai lu que mes adversaires ne parlaient pas forcément de moi mais je peux les comprendre" indique-t-il. Aujourd'hui, Nicolas Bonnet est champion de France. Ce titre ne devrait pas bouleverser sa vie. Rien n'indique à ce jour qu'il défendra les couleurs de l'équipe de France espoirs en septembre sur les Championnats du Monde. Le long déplacement en Australie coûte cher, et les coureurs plus polyvalents ont plus de chance d'y participer. "Si je suis moins performants sur les courses en ligne, ça vient de mon mental. Certains s'endorment sur un chrono, moi c'est sur une course en ligne" glisse-t-il. « TOUTES LES ÉQUIPES PROS NE VONT PAS M’APPELER »
Avant le Championnat de France de l'Avenir, Nicolas Bonnet s'était mis en tête d'arrêter à la fin de la saison. Suite à son succès face à tous les meilleurs espoirs de l'Hexagone, il avoue se poser des questions. "Je me doute que tous les directeurs sportifs des équipes pros ne vont pas m'appeler après cette victoire" imagine celui dont le père a parlé à l'arrivée avec Cyrille Guimard, manager de Roubaix-Lille Métrople. Mais le consultant de la chaîne Sport Plus est surtout l'ancien directeur sportif chez Renault-Gitane de Patrick Bonnet. Malgré le parcours de son père, Nicolas Bonnet n'a jamais ressenti comme une obligation de rejoindre le peloton professionnel. "Si j'ai une opportunité pourquoi pas, et si ce n'est pas le cas je me dis que j'aurais déjà goûté à de belles choses. Cela fait 16 ans que je fais du vélo" confie-t-il. Nicolas Bonnet dit avoir déjà fait beaucoup de sacrifices. "Je ne sais pas si je suis prêt à en faire encore longtemps. J'habite dans le sud de la France, et quand je vois tous les déplacements qu'il faut faire. Rien que pour aller à Lyon où se situe mon club... Il faudra se remotiver l’an prochain pour refaire tout cela" explique le 5e des Championnats d’Europe du contre-la-montre. Est-il prêt à changer son quotidien ? "C'est un garçon qui fonctionne avec des habitudes. Il est très assisté par ses parents" |