c est tellement vrai

Publié le par velocite13

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Qu’il était bon ce temps où le réparateur de cycles du coin dépannait tout, vendait juste ce qu’il fallait et conseillait de père en fils. C’était de temps du vélo utile, celui du facteur, du gendarme, du paysan, de la famille des enfants, et même du compétiteur à l’ancienne. Ca fleurait bon le cadre en acier, la selle en cuir, la mécanique bien réglée, bien huilée, bien adaptée, robuste, celle qu’on pouvait se repasser en remplaçant un ou deux trucs.

Mais le « progrès » et la « croissance » sont passés par là.  Il faut gagner, à n’importe quel prix. Mais gagner quoi ?

Aujourd’hui on regarde un vélo à une vitesse comme une hérésie. Ca ne le fait plus, il faut du carbone, du titane, du 11 pignons, du 3 plateaux, du allège moi tout ça, des godasses bioniques, du look bigarré, du dopant pour avoir l’air, mais l’air de quoi.

On oublie tout juste qu’il faut encore pédaler, pour son plaisir, pour sa santé, pour ses capacités. On s’achète des engins valant une fortune, fragiles, sur équipés de trucs sur allégés.  On se fait croire, on veut croire qu’on est devenu d’un seul coup champion avec tout le toutim.

On parle beau vélo, belle mécanique, innovation de ceci ou de cela, dernier cri. Et on ne sait plus si c’est le bon vélo. Les vendeurs sont devenus des vendeurs de trucs. On ne se regarde plus dans la glace, on regarde les belles images de ce qu’on voudrait être. On regarde les belles vitrines, les beaux magasins, les grandes surfaces, les enseignes, les machins.

Plus de conseil, plus de dialogue, plus d’échange sur le fond. Il faut faire du chiffre et qu’importe ce qu’on vend pourvu que ce soit beau, que ça fasse rêver et que ce soit le plus cher de ce que le client est capable de débourser.

Pourtant, le vélo plaisir, le vélo santé,  le vélo bonheur, et même le vélo performance, ce n’est pas grand-chose. Une mécanique fini ment choisie à la morphologie, à la pratique, aux attentes et aux contraintes du cycliste, bien réglée, sure et suffisamment performante pour les capacités physiques de son propriétaire, et enfin, mais seulement en fin, suffisamment jolie et en harmonie avec la personnalité du cycliste.

C’est simple. C’est tellement simple qu’une fois l’analyse de son besoin fait, chacun d’entre nous pourrait en rester à des mécaniques d’une très grande sobriété, terriblement efficaces, sures et robustes.

Alors invitons nous à la réflexion. Redonnons du sens aux choses. Dialoguons et prenons conseil auprès des très rares experts détachés d’impératifs marchands qui recomposeront calmement avec vous tous les ingrédients de votre bonheur.

N’écoutons pas les marchands du temple. Restons simples. Et que les autres simplets, futiles, frimeurs, beaux gosses, tricheurs se dénombrent.

Vélocistes et conseils de villages, revenez nous, avec vos vraies valeurs transmissibles. Échangez entre vous, dévoilez, partagez vos spécialités, vos expériences, vos savoirs.

Malheur aux « professionnels » aux gourous du à tout prix. Vive les « amateurs », vive ceux qui aiment.

Si Internet est là pour acheter au moins cher, le vélociste de village, l’amateur, c'est-à-dire celui qui aime, est là pour vous aider à bien choisir, à bien régler, à bien pratiquer au juste nécessaire.

Faites le vivre en lui achetant du conseil, le vrai.

Jean-Luc LEMOINE

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Publié dans CYCLISME

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